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Le Perche, terre d'émigration
vers le Québec au XVIIe siècle
Le Perche, terre d'émigration vers le Québec au XVIIe siècle

Jacques Nourry (~ 1626 Feings - 1669 Québec)

un colon percheron condamné à mort

Cet émigrant percheron restera dans l'histoire de la Nouvelle-France, non pas pour des actes de bravoure, mais pour avoir été un violeur d'enfant.

Jacques Nourry est né vers 1626 dans la paroisse Saints-Gervais-et-Protais de Feings, une commune du Perche limitrophe de Tourouvre, située dans le département de l'Orne en région Normandie (France).

Le 22 mai 1651 devant Me Choiseau, notaire à Tourouvre, il est engagé par Pierre Juchereau, sieur des Moulineaux pour servir Jean Juchereau, sieur de More pour une durée de 5 ans moyennant 50 livres par an. Il reçoit une paire de souliers. Jean Juchereau le fera passer et repasser et le nourrira durant le temps de son engagement. Sont témoins, Jean Doulcet, fils de René, et Claude Giguère, laboureur demeurant en la paroisse de Tourouvre.

En 1656, Jacques Nourry loue au normand Charles Legardeur, sieur de Tilly originaire de Thury-Harcourt, la terre de Saint-Michel à Sillery. Le 2 février 1657, il achète un autre lopin sur la même terre. Il l'exploite jusqu'en 1662. On le retrouve ensuite, en 1664, dans la seigneurie de Beaupré. Il est le voisin de Nicolas Leroy et de Jeanne Lelièvre.

En 1669, une enquête criminelle est ouverte quand le couple déposent une plainte contre Jacques Nourry. Il est accusé d’avoir violé « Marie Leroy, leur fille, âgée de quatre ans et demi ».

Le rapport d’enquête, daté du 9 août 1669, contient la déposition de la victime en plus de la plainte. L’accusé est par la suite confronté aux révélations d’un médecin qui a rencontré et examiné la jeune victime. Une seconde fois, Jacques Nourry est invité à commenter les données d’un « autre rapport de deux chirurgiens qui auraient visité une seconde fois ladite fille ».

Le 12 août 1669, la cour juge que Jacques Nourry est coupable d’avoir violé Marie Leroy. La peine infligée au violeur pédophile est celle-ci : « Être pendu et étranglé à une potence et ensuite son corps traîné à la voirie (dépotoir) après que la tête en aura été séparée pour être mise sur un poteau. » Les biens de Nourry seront saisis et vendus; une somme de trois cents livres de réparation civile ira à la victime. La peine est exécutée à Québec le 19 août 1669 vers trois heures de l’après-midi.

le jugement condamnant Jacques Nourry
trouvé coupable du viol de Marie Leroy (4 ans et demi)

Jugement condamnant Jacques Nourry, trouvé coupable du viol de Marie Leroy

Transcription du texte avec orthographe modernisée
«Vu par le Conseil le procès criminel fait à la requête de Nicolas le Roy et Jeanne Leliepvre sa femme stipulants pour Marie LeRoy leur fille âgée de quatre ans et demi, demandeurs, et accusateurs, par messire Claude Bouteroue, conseiller du Roi en ses Conseils, intendant de la justice, police et finances en la Nouvelle-France, à Jacques Nourry, habitant de la côte de Beaupré accusé d'avoir violé ladite fille; le procès-verbal du neuvième du présent mois contenant la plainte et les réponses de ladite fille; interrogatoire dudit Noury, confrontation à lui faite de ladite fille; rapport du chirurgien nommé d'office qui aurait visité ladite fille ensemble ledit Noury, confrontation d'icelui audit Noury sur le contenu audit rapport; autre rapport de deux chirurgiens nommés d'office qui auraient visité pour la seconde fois ladite fille et ledit Noury; confrontation d'iceux audit Noury; l'information du dixième du présent mois et addition d'icelle; confrontation des témoins ouïs, audit Noury, conclusions du substitut du procureur général du Roi; ouï ledit Noury en la chambre pour ce mandé, ouï ladite fille aussi en la chambre, et icelle confrontée audit accusé; ouï le rapport dudit sieur intendant, tout considéré. Le Conseil a déclaré et déclare ledit Jacques Nourry dûment atteint et convaincu d'avoir violé ladite Marie LeRoy, et pour réparation l'a condamné et condamne d'être pendu et étranglé à une potence et ensuite son corps traîné à la voirie après que la tête en aura été séparée pour être mise sur un poteau, en trois cents livres de réparation civile envers ladite Marie LeRoy pour la faire panser et lui aider à être mariée, en cents livres d'amende applicable le tiers à l'hôpital et les deux autres tiers aux nécessités du Conseil et aux dépens du procès, a déclaré le reste de ses biens acquis et confisqués au seigneur haut justicier de Beaupré; fait au Conseil tenu à Québec le douzième août mille six cent soixante-neuf.
COURCELLE BOUTROUE, ROUER DE VILLERAY DAMOURS, LEGARDEUR DE TILLY TESSERIE Prononcé audit Nourry et exécuté en sa personne par l'exécuteur de la haute justice, les jour et an susdits sur les trois heures après midi. A été retenu que la confiscation a été adjugée au seigneur haut justicier encore que son juge n'ait pas instruit le procès, à cause qu'il en avait fait donner l'avis, et ce sans tirer à conséquence. COURCELLE BOUTROUE.»

sources
  • PREFEN
  • Le journal de Québec
  • BAnQ Québec


  • 327 émigrants percherons

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