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Le Perche, terre d'émigration
vers le Québec au XVIIe siècle
Le Perche, terre d'émigration vers le Québec au XVIIe siècle

Marie-Madeleine de Chauvigny, dite Madame de La Peltrie (1603 Alençon - 1671 Québec)

Marie-Madeleine Cochon de Vaubougon de Chauvigny (plus couramment appelée Madeleine de la Peltrie) est née le 25 mars 1603 à Alençon, aujourd'hui préfecture du département de l'Orne en région Normandie (France). Elle est la fondatrice laïque du monastère des Ursulines de Québec, la plus ancienne institution d'éducation pour les femmes de l'Amérique du Nord fondée en 1639.

Fille de Guillaume de Chauvigny et de Jeanne du Bouchet, Marie-Madeleine de Chauvigny montre très jeune de grandes dispositions pour la prière. Mais elle est contrainte de se marier le 29 octobre 1622, âgée de dix-sept ans, à Charles de Gruel, seigneur de la Peltrie. Ce gentilhomme percheron a reçu en apanage de sa grand-mère Françoise de Bubertré, le manoir et la terre de La Peltrie à Bivilliers, commune limitrophe de Tourouvre. De cette union, naîtra une fille décédée au berceau. C'est à La Peltrie que Marie-Madeleine de Chauvigny vécut pendant les quelques années qui ont suivi son mariage jusqu'à la mort de son mari, tué au siège de La Rochelle en juillet 1628. Charles de Gruel est inhumé dans l'église Saint-Pierre de Bivilliers.

Plaque en l'honneur de Madeleine de La Peltrie à l'intérieur de l'église de Bivilliers

Veuve et ses parents morts, Madeleine ne reste pas insensible à l'appel du père Lejeune ( La Relation des Jésuites 1635) en faveur des missions de la Nouvelle-France et décide de consacrer sa personne et sa fortune à la fondation d’un couvent de religieuses enseignantes à Québec.

En mai 1639, elle embarque à Dieppe avec des Ursulines, Mère Marie de Saint-Joseph d'Anjou et Marie de l'Incarnation de Tours. Le 1 août, elles sont accueillies à Québec avec faste par la colonie naissante. Le gouverneur de Montmagny et son lieutenant, le chevalier Bréhant de l'Isle, sont parés tous deux de la croix de Malte. Madeleine peut reconnaître les Percherons: Robert Giffard et ceux qu'il a conduits, Jean Guyon, le maître maçon, Zacharie Cloutier, maître charpentier, Henri Pinguet, marchand, Marin et Gaspard Boucher, tous partis quatre ou cinq ans plus tôt. Sans oublier les importants frères Juchereau, Noël, devenu aviseur légal du gouverneur, et Jean.

Madeleine et Marie de l'Incarnation créeront le premier établissement destiné à l'éducation des enfants, tant indigènes que français, le couvent des Ursulines à Québec.

Co-fondatrice de Montréal

Plaque commémorative des premiers colons de Montréal sur le Monument aux pionniers, place Royale dans le Vieux-Montréal

L'esprit aventureux de Madeleine l'amène à soutenir, en 1641, le projet de création d'une colonie sur l'île de Montréal, développé par la société Notre-Dame de Montréal. Elle est au nombre des quarante-quatre colons qui, dans des conditions difficiles, participent, le 17 mai 1642, à la messe fondatrice de Ville-Marie (qui deviendra Montréal) célébrée par le Père Vimont, en présence de Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, de Charles Jacques Huault de Montmagny, et de Jeanne Mance.

Madeleine restera deux ans à Montréal avant de rejoindre l'anse Saint-Michel pour préparer une nouvelle expédition au pays des Ouendats, malgré les réticences des Jésuites. Toutefois la menace iroquoise l'oblige à renoncer à son projet et elle va s'installer à Québec dans une nouvelle maison en pierres sur le terrain du monastère des Ursulines récemment reconstruit suite à un incendie. L'actuel Musée des Ursulines est installée dans la maison de Madeleine.

Bien qu’elle n'ait jamais été, en dépit de ses requêtes, formellement admise au noviciat, Madeleine de la Peltrie a néanmoins mené la vie humble et austère d'une vraie religieuse, en observant scrupuleusement la règle pour le restant de sa vie. Elle s'est éteinte d'une pleurésie le 12 novembre 1671 et a été inhumée dans la chapelle des Ursulines à Québec.

Plaque commémorative des premiers colons de Montréal sur le Monument aux pionniers, place Royale dans le Vieux-Montréal

sources
  • HUBERT-ROULEAU, Jean-François (dir.) (1991, juillet). Au Perche des Canadiens Français. Pays d'accueil Perche.
  • Wikipedia Marie Madeleine de la Peltrie
  • Marie-Emmanuel Chabot, o.s.u., « CHAUVIGNY, MARIE-MADELEINE DE (Gruel de La Peltrie) », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003, consulté le 21 décembre 2014
  • DEROY-PINEAU, Françoise (1992). Madeleine de La Peltrie - Amazone du Nouveau Monde. Editions Bellarmin.


  • 327 émigrants percherons

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