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Le Perche, terre d'émigration
vers le Québec au XVIIe siècle
Le Perche, terre d'émigration vers le Québec au XVIIe siècle

Jacques François Hamelin du Bourgchemin et de l’Hermitière (1664 Pizieux - ? France)

par Michel Ganivet, Président de l'association Perche-Canada

Jacques François Hamelin de Bourgchemin et de l’Hermitère, ou du Bourgchemin est né à Pizieux, modeste paroisse du Saosnois proche de Mamers le 6 janvier 1664[1]. Son baptême intervient le 24 septembre suivant. Il est le fils de François Hamelin de Bourgchemin, seigneur de Louzes, paroisse attenante, et de Madeleine de Guitton. Son frère aîné Hercule-François a été baptisé dans cette dernière paroisse, en l’église Sainte-Marie, le 30 septembre 1661[2].

Commandant du fort Saint-François

Jacques François de Bourgchemin, en qualité de cadet, s’engage dans les troupes de marine. Il est garde-marine le 15 mars 1687. L’historien Honorius Provost[3] brosse de lui le portrait assez peu flatteur d’un officier au caractère exécrable. Sa date d’arrivée en Nouvelle- France est inconnue. Le 17 mars 1687, il épouse à Champlain, Élisabeth, âgée de 15 ans, fille de Pierre Dizy, dit Montplaisir. Dès 1690, à Contrecoeur, Jacques François de Bourgchemin organise la défense contre les Iroquois. Une rue Bourchemin dans cette ville semble perpétuer cet épisode. Lieutenant réformé en 1691, il retrouve son grade de lieutenant actif le 15 avril 1694. Au début de cette même année, il est qualifié dans un acte paroissial de Batiscan, de commandant du fort Saint-François (du Lac).

Officier violent et turbulent

Il se signale, entre 1690 à 1694, pour sa conduite scandaleuse. Ainsi en février 1690, « l’épouse de Bourgchemin, écrit Honorius Provost[4], s’étant attiré, par sa morgue, une réplique assez vive d’un habitant de Batiscan, le mari châtia l’impertinent à coups de hache. »

Il s’attire en outre les foudres du clergé, notamment début 1694, pour avoir refusé, en accord avec un autre noble, François Desjordy de Cabanac, d’assister à la messe, le dimanche de la Sexagésime. Il est en outre mêlé à des poursuites engagées contre les curés de Batiscan et de Champlain devant le Conseil souverain lesquels ont frappé d’interdit des membres de son entourage. Il s’agissait là d’appliquer le mandement de l’évêque « condamnant les moeurs de certains officiers de ces villages, poursuit Honorius Provost[5]. Les rebondissements du procès et les bravades des deux officiers envenimèrent la situation. L’affaire traîna en longueur pour aller finalement s’éteindre au Conseil privé du roi en 1695 ». Cette même année, Jacques François de Bourgchemin est accusé de tentative d’empoisonnement contre sa femme. Il profite toutefois des désaccords entre le gouverneur Frontenac et l’évêque Mgr de Saint-Vallier. En juin 1696, Frontenac, sans doute afin d’embarrasser l’évêque avec lequel il est en fréquent désaccord, attribue à Jacques François de Bourgchemin, une seigneurie qui prend son nom, sur la rivière Yamaska, concession ratifiée par décision royale le 19 mai 1696.

Dans le prolongement de cette attribution, le gouverneur fait pourtant part, dans une correspondance du 4 novembre 1695, au ministre des Colonies, de son intention de renvoyer ce même Jacques François de Bourgchemin en France.

Descendance

Trois enfants naissent de l’union de Jacques François Hamelin de Bourgchemin et de l’Hermitère avec Marie Élisabeth Desy :
 • Marie-Anne, née (ou baptisée) à Champlain le 10 novembre 1689, décédée à Paris le 4 mai 1724[6].
 • François, né (ou baptisé) à Champlain le 6 octobre 1691, décédé à Montréal le 7 avril 1703.
 • Marguerite, née (ou baptisée) à Saint-François-du-Lac le 12 juin 1694, décédée le 4 mai 1724 à Paris[7].

Jacques François Hamelin du Bourgchemin ne profite pas de sa seigneurie. Il disparaît du Canada dès la fin de 1695, époque où Frontenac demande son renvoi. Le décès de l’officier turbulent intervient, sans doute en métropole, avant le 26 janvier 1698, date où sa veuve se remarie avec Alexis Guay.
Le 4 mai 1724, une partie de la seigneurie de Bourgchemin sera cédée par Marie Anne du Bourgchemin, fille de Jacques-François à Pierre Rigaud de Vaudreuil. Le reste de la seigneurie, conservée par Élisabeth Desy, sera cédé par Alexis Guay, son second mari, le 19 septembre 1731 à ce même Pierre Rigaud de Vaudreuil[8].

sources
 • Fichier Origine. Répertoire des actes des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865, site de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie
 • Site « La mémoire du Québec », édition 2015 : www.memoireduquebec.com
 • Programme de Recherche en Démographie Historique (PRDH) - Université de Montréal

notes
 [1]  Fichier Origine. Les registres paroissiaux de Pizieux en ligne sur le site des Archives départementales du département de la Sarthe s’ouvrent en 1678.
 [2]  Idem.
 [3]  PROVOST Honorius, « Hamelin de Bourgchemin et de l’Hermitière, Jacques François », Dictionnaire biographique du Canada en ligne www.nosorigines.qc.ca
 [4]  Idem.
 [5]  Idem.
 [6]  Date de décès donnée par le site www.nosorigines.qc.ca qui ne fournit pas la source de cette information.
 [7]  Idem.
 [8]  D’après le site www.memoireduquebec.com qui fait référence à l’ouvrage de COURVILLE Serge et LABRECQUE Serge, Seigneuries et fiefs du Québec, dossiers toponymiques, CELAT, Université Laval à Québec-ULQ, 1988.


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