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Le Perche, terre d'émigration
vers le Québec au XVIIe siècle
Le Perche, terre d'émigration vers le Québec au XVIIe siècle

les Gadois, une famille pionnière originaire d'Igé (Orne, France)

Quatre Gadois migreront du Perche vers la Nouvelle-France au XVIIe siècle. Pierre Gadois, marchand recruté par Robert Giffard et qui est considéré comme le premier « habitant » de Montréal, part en 1636 pour la Nouvelle-France avec son épouse Louise Mauger, native d'Igé, et leurs enfants, Roberte et Pierre. Il est la souche unique des Gadois en Amérique française.
Sa soeur Françoise, épouse de Nicolas Godé - un autre percheron également natif d'Igé - le rejoindra vers 1641 avec son époux et quatre de leurs enfants, François, Nicolas, Françoise et Mathurine.
parents non identifiés
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Gadois Françoise (~1589 Igé - 1689 Pointe-aux-Trembles)
x ~1620 Igé
Godé Nicolas (~1583 Igé - 1657 Montréal)
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Gadois Pierre (~1594 Igé - 1667 Montréal)
x ~1620 Igé
Mauger Louise (Igé - 1690 Montréal)
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Godé
François

Godé
Françoise

Godé
Nicolas

Godé
Mathurin

Godé
Mathurine

Gadois
Roberte

Gadois
Etienne
Gadois
François
Gadois
Jeanne
Gadois
Joseph
Gadois
Jean Baptiste
Gadois
Pierre

Plaque commémorative des émigrants d'Igé - © 2017 www.perche-quebec.com

Plaque apposée à l'intérieur de l'église Saint-Martin d'Igé
© 2017 www.perche-quebec.com

Pierre Gadois dit l'Aîné (~1594 Igé - 1667 Montréal)
Louise Mauger (Igé - 1690 Montréal)

Pierre Gadois naît vers 1594 à Igé. Ses parents ne sont pas identifiés. Il épouse vers 1627 Louise Mauger, également originaire d'Igé. Ils vont avoir sept enfants dont quatre naissent en Nouvelle-France.

Dans l’église Saint-Martin d’Igé, sont baptisés :
- Roberte (Roberta), le 15 septembre 1628, avec Pierre Regnard et Françoise Brisard pour parrain et marraine respectifs
- Étienne (Stephanus), le 17 novembre 1631, avec Étienne Joussard, avocat à la Cour de Bellême, et Claire Regnard pour parrain et marraine respectifs.

En 1636, deux enfants accompagnent Pierre Gadois et Louise Mauger en Nouvelle-France, il s’agit de Roberte et de Pierre. Les chercheurs du PREFEN précise: «Ce dernier ne semble pas devoir être confondu avec Étienne, dont on ne retrouve pas trace au Canada. En effet, Pierre, fils de Pierre et de Louise, est dit originaire d’Appenai, paroisse Saint-Germain, lors de son contrat de mariage avec Marie Pontonier. Notons cependant que Roberte se dit aussi originaire d’Appenai dans son propre contrat de mariage et lors de son mariage. Étienne est-il devenu Pierre ou est-il décédé ? La réponse est difficile, car les registres de sépulture d’Igé ou d’Appenai ne nous sont pas parvenus.»

A son arrivée en Nouvelle-France, la famille s’installe à Sillery près de Québec.

Quatre enfants sont baptisés à Québec entre 1636 et 1641:
- François, le 2 décembre 1636
- Jeanne, le 26 juin 1638
- Joseph, le 28 septembre 1639. Il mourra quelques jours après.
- Jean-Baptiste, le 2 mars 1641. Il se mariera avec Marguerite Gervais le 19 février 1669 à Montréal.

En octobre 1645, ils sont victimes des Hurons, comme le raconte le Journal des Jésuites : « ils (les Hurons) avaient plusieurs fois monté par la fenêtre du logis de Gadois, et auraient pris du cochon salé dedans ; qu’ils avaient battu ledit Gadois, qui avait dépouillé quelques uns de quelque méchant bout de couverture ... ».

Pierre est alors reconnu comme marchand.

Pierre Gadois et les siens vont ensuite partir pour Montréal où ils s’implantent définitivement en 1648. Monsieur de Maisonneuve lui concède une terre de quarante arpents le 4 janvier de cette année, devant le notaire Jean de Saint-Père. C'est sur cette terre que s'élèvera le premier hôpital général de Montréal.

Pierre Gadois, le premier habitant de Ville-Marie (Montréal)

Place de la Grande-Paix-de-Montréal à Montréal
© 2012 Jean Gagnon - Avec la permission de Wikimedia Commons

Borne commémorative située place de la Grande-Paix-de-Montréal à Montréal
© 2012 Jean Gagnon - Avec la permission de Wikimedia Commons

Au recensement de 1666, Pierre Gadois possède six bêtes à cornes et quarante arpents de terre labourable.

Pierre Gadois décède à l'âge de 73 ans, «pris dans sa maison. » Il est inhumé le 20 octobre 1667 à Montréal.

Louise Mauger, veuve, est reçue à la Confrérie de la Sainte-Famille à Montréal où elle est inhumée le 18 mars 1690, à l’âge, selon le registre, de 96 ans.

Roberte Gadois (1628 Igé - 1716 Montréal)

Roberte Gadois est âgée de 8 ans lorsqu'elle arrive avec ses parents Pierre Gadois et Louise Mauger en Nouvelle-France. Elle se mariera pas moins de trois fois mais seul son deuxième époux, Louis Prudhomme, lui donnera des enfants.

Un premier contrat de mariage est signé le 18 mai 1644 en l'étude de Maître Guillaume Tronquet à Québec avec César Léger originaire de Mornac-sur-Seudre (Charente-Maritime, France). La cérémonie a lieu quelques jours plus tard le 22 mai 1644. Roberte n'a alors que 15 ans. Le 30 novembre 1650, le mariage avec César Léger est annulé, sans que l’on sache véritablement pourquoi. Le couple n'a pas eu d'enfant. Ce même jour, Roberte se remarie à Montréal avec Louis Prudhomme, originaire de Pomponne en région parisienne (aujourd'hui dans le département de la Seine-et-Marne), avec lequel elle avait contracté mariage devant le notaire Jean de Saint-Père, le 22 octobre précédent. Sept enfants naîtront de cette union. Louis Pruhomme, brasseur et capitaine de milice, est inhumé le 2 juillet 1671 à Montréal.

Veuve à 44 ans, Roberte se marie une troisième et dernière fois le 21 janvier 1673 à Montréal avec le maître charpentier Pierre Verrier originaire de La Varenne (Maine-et-Loire, France) et arrivé en 1665 comme soldat dans le régiment de Carignan-Salières. Roberte est inhumée le 14 septembre 1716 à Montréal à l'âge de 87 ans.

Pierre Gadois (vers 1630 Appenai-sous-Bellême - 1714 Montréal)

Pierre Gadois, fils de Pierre et de Louise Mauger, est dit originaire d’Appenai, paroisse Saint-Germain (petit village du Perche limitrophe d'Igé appelé aujourd'hui Appenai-sous-Bellême) lors de son contrat de mariage avec Marie Pontonier. Pierre Gadois est âgé de 4 à 5 ans lorsqu'il arrive avec ses parents Pierre Gadois et Louise Mauger en Nouvelle-France.

Comme sa soeur Roberte, son premier mariage va être annulé. Les chercheurs du PREFEN en précisent les circonstances: «Pierre épouse Marie Pontonnier le 12 août 1657. Marie Pontonnier est originaire du Lude, dans la Sarthe, où elle est baptisée le 22 janvier 1643 dans l’église Saint-Vincent. Elle n’a donc que 14 ans lors du contrat de mariage le 6 mai 1657 devant le notaire Jean de Saint-Père. Elle a cependant un amoureux éconduit, un caporal de la garnison de Montréal, René Besnard dit Bourjoli. Celui-ci veut empêcher le mariage de Marie. Il lui promet qu’elle restera stérile tant qu’elle n’aura pas eu d’aventure avec lui. Il dit explicitement « que si elle voulait qu’il eut jouissance d’elle, que ça ferait qu’elle aurait jouissance avec son mari ». Le mariage restant stérile, une deuxième célébration a lieu à Québec par l’évêque. Aucun enfant ne venant toujours pas, le 30 août 1660, l’évêque prononce l’annulation du mariage, déclarant le « mariage nul et invalide pour et à cause l’impuissance perpétuelle causée par maléfice. » Marie Pontonnier et Pierre Gadois peuvent donc se remarier. Marie utilise ce droit immédiatement, elle contracte mariage le 8 octobre suivant avec Pierre Martin, qu’elle épouse le 3 novembre. Hélas, Pierre Martin est tué par les Iroquois le 23 mars suivant. Marie accouche cependant le 9 novembre d’une fille Marie.»

Veuve, Marie Pontonnier contracte un nouveau mariage le 16 octobre 1661 devant le notaire Bénigne Basset et elle épouse à Montréal le 5 décembre Honoré Langlois. Le couple aura 10 enfants. Pierre Gadois, pendant ce temps, s’est réfugié chez ses parents.

Le 20 avril 1665, il épouse Jeanne Besnard, arrivée de Paris avec une dot du roi sur le navire Le navire Noir, parti de La Rochelle et arrivé à Québec l’année précédente. Le couple va donner naissance à 14 enfants, ce qui prouve le bien fondé de l’annulation de son précédent mariage pour cause d’impuissance perpétuelle ! Il faut croire que la sorcellerie exercée par le capitaine Besnard était plus psychologique que réelle. Pierre Gadois exerce la profession de maître armurier et d’arquebusier.

Pierre Gadois est inhumé le 8 mai 1714 à Montréal, l’acte lui donne 90 ans. Sa veuve, Jeanne Besnard, est inhumée à Montréal le 11 mars 1724. Elle aurait, selon le registre, 82 ans.

Françoise Gadois (vers 1589 Igé - 1689 la Pointe-aux-Trembles)
Arbre de parenté de Françoise Gadois avec Hillary Clinton Arbre de parenté de Françoise Gadois avec Ryan Gosling Arbre de parenté de Françoise Gadois avec Jim Carrey

Françoise Gadois, soeur de Pierre Gadois dit l'Aîné, est originaire de la paroisse Saint-Martin d'Igé. Son année de naissance se situe vers 1589. C'est dans cette même paroisse qu'elle se marie vers 1620 avec Nicolas Godé, originaire également d'Igé.

Nicolas Godé et Françoise Gadois vont faire baptiser quatre enfants (François, Françoise, Nicolas et Mathurin) dans l'église Saint-Martin d'Igé. Une Mathurine originaire aussi de la paroisse d'Igé est née vers 1640. Ils partent avec leurs enfants, à l'exception de Mathurin, pour la Nouvelle-France vers 1641. En 1642, ils font partie des fondateurs de Montréal.

Le fils ainé, François, baptisé le 6 mars 1621, épouse Françoise Bugon en 1649 à Montréal et meurt sans postérité.
Françoise Godé, baptisée le 30 août 1626, épouse Jean Desroches à Montréal le 18 novembre 1647 et lui donne 13 enfants. Elle est inhumée à Pointe-aux-Trembles.
Nicolas fils, baptisé le 26 janvier 1629 à Igé, maître charpentier, épouse le 12 novembre 1658 à Montréal Marguerite Picard. Le couple donne naissance à 7 enfants. Nicolas décède le 13 avril 1697 à Montréal.
Mathurine épouse le 25 septembre 1651 Jean de Saint-Père et lui donne deux enfants. Son mari est assassiné par les Iroquois en même temps que son père, Nicolas Godé, le 25 octobre 1657. Elle se remarie le 12 novembre 1658 avec Jacques Lemoine. Ils ont 10 enfants. Elle est inhumée à Montréal le 12 novembre 1672, agée de 32 ans.

Nicolas Godé, son gendre et leur valet Jacques Nail (ou Noël) meurent le 25 octobre 1657 dans des circonstances tragiques. Les Iroquois les tuent à coup de fusil alors qu'ils réparent le toit de leur maison, arrachent la peau de la tête de Nicolas Godé et de Jean de Saint-Père et coupent la tête de Jean de Saint-Père pour conserver sa belle chevelure qu'ils ramènent en triomphe dans leur pays.

Françoise Gadois, née vers 1589, est centenaire lorsqu'elle s'éteint le 24 décembre 1689 à la Pointe-aux-Trembles. Nicolas Godé est l'unique souche des Godé (Gaudet) canadiens.

sources
 • Au Perche des Canadiens Français, Pays d'accueil Perche, juillet 1991, 88p.
 • fiche du PREFEN


308 émigrants percherons

partis en Nouvelle-France au XVIIe siècle.
Liste mise-à-jour par perche-quebec.com en juin 2017

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