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Le Perche, terre d'émigration
vers le Québec au XVIIe siècle
Le Perche, terre d'émigration vers le Québec au XVIIe siècle

Augustin Louis de Glapion, dit père Auguste (1719 Le Pin-la-Garenne - 1790 Québec)

Augustin Louis de Glapion est baptisé le 8 juillet 1719 en l'église Saint-Barthélemy du Pin (aujourd'hui Le Pin-la-Garenne), près de Mortagne-au-Perche. Il est le fils d'Augustin de Glapion, escuyer, seigneur de la Porte, fief dépendant de l'importante seigneurie voisine de la Pellonnière, et de Françoise Catherine d'Anthenaise.

Sa première jeunesse se déroule ainsi dans la paroisse natale de Robert Drouin (1607-1685), émigrant, parti pour la Nouvelle-France en 1634 avec Robert Giffard.

Il entre au noviciat des Jésuites à Paris le 10 octobre 1735 et fait ses voeux en 1753 à Nevers. Après son noviciat (1735-1737) et deux ans de philosophie à La Flèche (1737-1739), il part pour Québec où il professe la quatrième, la troisième et les humanités (1740-1746). Envoyé à Paris, il fait au collège Louis-le-Grand un an de philosophie (1746-1747) et quatre ans de théologie (1747-1751). Sa troisième année de noviciat terminée, (1751-1752), il enseigne la philosophie d'abord à Nevers (1752-1753), puis à Arras où il est aussi préfet général des Etudes (1753-1758).

Il quitte Paris le 25 mars 1758, en compagnie de Joseph-Pierre de Bonnecamps, son ancien collègue à Québec. En mai, les deux jésuites retrouvent Jean-Baptiste de Saint-Pé exerçant toujours les fonctions de supérieur général et de recteur du collège de Québec où se situent le coeur et le cerveau de la Compagnie de Jésus en Amérique du Nord.

Le retour de Glapion au Canada pourrait être attribuable à Saint-Pé tant il semble certain que le vieux supérieur de 72 ans était heureux de retrouver un sujet connu et apprécié en qui il discernait son éventuel successeur. C’est ce que semble confirmer la nomination du nouvel arrivant au poste de principal adjoint de Saint-Pé avec les titres de ministre et procureur du collège. En septembre 1759, Québec capitule. Saint-Pé, pour s’assurer des contacts indispensables avec les autorités civiles et religieuses, doit, comme celles-ci, chercher refuge en dehors de la zone occupée. De Montréal, il pourra mieux communiquer avec la majorité de ses sujets dispersés à travers l’Amérique. En laissant Glapion vice-recteur au collège de Québec, il en fait son suppléant auprès des jésuites du gouvernement de Québec. En octobre 1759, Murray demande aux jésuites de se retirer du collège pour le convertir en entrepôt militaire, et Glapion cherche refuge à la mission de Lorette. À son retour à Québec, en juin 1761, il doit partager le collège avec l’armée britannique. Saint-Pé rejoint alors Glapion et semble, dès ce moment, lui avoir cédé l’exercice de ses fonctions de supérieur, ce que les titres viendront confirmer en 1763.

La charge de supérieur général accorde à Glapion une importance historique découlant principalement des circonstances particulières qui l’ont maintenu en poste, comme dernier titulaire, durant quelque 30 ans. La Conquête et le traité de Paris, les divers régimes constitutionnels et la politique des différents gouverneurs, puis la suppression des jésuites par Rome sont autant d’épisodes qui ont engagé son ordre religieux dans la voie de la disparition réalisée finalement par l’inévitable extinction des sujets. De justesse, le traité de Paris soustrait les jésuites du Canada au retrait de l’existence civile qui atteint leurs confrères de France. Mais les instructions du 13 août 1763 à Murray viennent limiter cette existence à la survie des membres, tout recrutement étant interdit au Canada.

En 1788, obligé de déposer copie des titres de propriété des jésuites devant une commission chargée d’enquêter sur leurs biens, Glapion précise qu’il ne le fera que devant notaire. Ainsi, en 1789, il se montre convaincu que la propriété privée est un droit sacré. Et dans un geste suprême, deux mois avant sa mort, il cède légalement « au peuple canadien » l’ensemble des propriétés de son ordre religieux.

Confesseur à l’Hôpital Général de Québec et confesseur de Mgr Louis-Philippe Mariauchau d’Esgly, c’est encore à ce titre qu’il semble avoir sauvé de la pendaison le père de la Corriveau.

Glapion décède à Québec, le 24 février 1790, ne laissant que deux survivants jésuites, Bernard Well et Jean-Joseph Casot.

sources
  • GANIVET Michel, Perche et Canada - Quatre siècles d'histoire, tome 1 Epopée en Nouvelle-France, Amis du Perche, 2016, p. 117-123.
  • PREFEN
  • Rochemonteix, Camille De. (2013). pp. 180-1. Les Jésuites et la Nouvelle-France Au 18 Siècle, d'Après des Documents Inédits. London: Forgotten Books. (Original work published 1906)
  • G.-E. Giguère, « GLAPION, AUGUSTIN-LOUIS DE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 10 avril 2016, http://www.biographi.ca/fr/bio/glapion_augustin_louis_de_4F.html.



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