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Le Perche, terre d'émigration
vers le Québec au XVIIe siècle
Le Perche, terre d'émigration vers le Québec au XVIIe siècle

Jeanne Dodier (~ 1647 Mamers - ? Québec)

Jeanne Dodier née vers 1647 est originaire de Mamers[1], ville du Saosnois limitrophe du Perche située aujourd'hui dans le département de la Sarthe.

Elle est la fille de Jean Dodier, sieur de la Florinière et de Françoise Lemaire, parents de trois autres enfants tous baptisés dans la paroisse de Chemilli (Orne):
 • François, le 20 mars 1634
 • Gervaise, le 4 avril 1637
 • Jean, le 6 novembre 1638

Aucun registre percheron ou québécois permet d'établir un lien de parenté précis avec les autres pionniers percherons portant le même patronyme, Jacques Dodier originaire de Champaissant ou Sébastien Dodier originaire d'Igé.

En revanche, Jeanne Dodier est la nièce des pionniers percherons Nicole Lemaire et Gaspard Boucher, et donc la cousine germaine de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, fondateur et seigneur de Boucherville.

Une cousine germaine de Pierre Boucher

Jeanne Dodier est arrivée en Nouvelle-France vers 1662. Elle apporte des biens estimés à 600 livres[2] et aurait été dotée par Pierre Boucher[3]. Ainsi Pierre Boucher aurait-il logiquement apporté son soutien à une jeune cousine germaine âgée d'une quinzaine d'années, candidate à l’émigration. Elle est alors orpheline. Le départ de Jeanne Dodier pourrait donc être intervenu en 1662, année où Pierre Boucher, à l’issue de son ambassade auprès de Louis XIV et de Colbert, prend la jeune fille sous son aile lors de son retour en Nouvelle-France, en compagnie d’une centaine de colons dont les percherons Robert Boulay et Charles Turgeon.
Au recensement de 1667, Jeanne Dodier est âgée de 20 ans, ce qui confirme une arrivée en Nouvelle-France à l’âge de quinze ou seize ans. Elle y est citée pour la première fois le 15 août 1663, année d’arrivée des premières filles du roi, ce qui a amené à l’intégrer dans les listes des jeunes filles envoyées de France. Contrairement à nombre d’entre elles qui, en descendant du bateau, mettent pied à terre dans l’inconnu, Jeanne Dodier parvient en 1662 ou 1663 sur les rives du Saint-Laurent, y retrouvant parents ou connaissances déjà établis[1].

Trois mariages

Le 22 janvier 1664, Jeanne Dodier épouse à Trois-Rivières, Adrien Jolliet, sieur de Chansenaye, frère aîné du célèbre Louis Jolliet, découvreur du Mississippi avec le père Jacques Marquette. Deux enfants naissent de ce mariage :
 • Jeanne, née vers 1666.
 • Jean, né vers 1669, qui épousera en 1695 Marie-Jeanne Cusson (décédé le 12 novembre 1741 au Cap-de-la-Madeleine).

Suite au décès de son premier mari entre le 13 avril 1669 et le 12 septembre 1671, Jeanne Dodier épouse vers 1670, Antoine Baillargé, originaire de Poitiers, dont elle a un fils :
 • Simon, né vers 1673, qui s’établira à Boucherville (où il décédera le 29 juillet 1713 à 40 ans).

À nouveau veuve en 1674, Jeanne Dodier épouse au Cap-de-la-Madeleine, Mathurin Normandin, dit Beausoleil dont elle aura quatre enfants:
 • Jean-Baptiste, né (ou baptisé) le 13 février 1675 au Cap-de-la-Madeleine, qui épousera Marie-Anne Perrault-Desrochers en 1706 à Boucherville (décédé à Boucherville le 7 janvier 1714).
 • Marie-Françoise, née (ou baptisée) le 27 février 1678 au Cap-de-la-Madeleine, qui épousera Maurice Bénard dit Bourjoly, le 8 novembre 1696 au Cap-de-la-Madeleine.
 • Marie Jeanne Madeleine, née (ou baptisée) en juillet 1680 au Cap-de-la-Madeleine, qui épousera René Courcambec en 1707.
 • Joseph, né (ou baptisé) le 9 avril 1682 au Cap-de-la-Madeleine, qui épousera Marguerite Rivet (ou Rive) le 30 janvier 1712 au Cap-de-la-Madeleine (décédé à Verchères le 19 octobre 1751).

Jeanne Dodier décède entre le 9 avril 1682 et le 4 février 1706[1].

Jeanne Dodier, fille du roi

Arrivée des filles du Roy à Québec

Arrivée des filles du Roy à Québec en 1667, reçues par Jean Talon et Mgr Laval. Eleanor Fortescue-Brickdale (Library and Archives Canada)

Pour pallier le manque de femmes parmi les pionniers, Louis XIV favorisa l'émigration de 764 jeunes filles vers la Nouvelle-France entre 1663 et 1673. L’expression fille du roi sous-entend que ces immigrantes étaient les pupilles du roi de France et qu'à titre de protecteur, celui-ci suppléait aux devoirs de leur père naturel en veillant sur elles et en les dotant. Elles venaient pour la plupart des orphelinats des villes côtières telles que Honfleur, Dieppe ou La Rochelle, et des Hôpitaux généraux de Paris. Quatre d'entre elles sont d'origine percheronne: Madeleine Dumortier (1667), Marie Ariot (1670), Barbe Boyer (1673) et Jeanne Dodier (1662). A peine débarquées, elles signaient des contrats de mariage avec les pionniers du Nouveau Monde et se mariaient généralement dans les jours ou semaines qui suivaient la signature[3].

sources
 [1] perche-canada.net
 [2] LANDRY Yves. Orphelines en France, pionnières au Canada : les Filles du roi au XVIIe siècle. Montréal, Leméac, 1992, p. 271.
 
[3] Wikipédia



308 émigrants percherons

partis en Nouvelle-France au XVIIe siècle.
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